logo

Paris. Un poème de Lieve De Bleeckere

paris poem
Dans ses rues voyagent sans bruit
des fleuves de pensées anciennes
-loin d’être sans vie-
comme dans un bateau-mouche.
Rien n’est mis en scène
dans ce spectacle insouciant.

Là où l’on suspecte la saleté
dans de vieilles ruelles
un ange monte la garde.
-Il attend, il sait-
…“A Paris, on a inventé le plus-jamais-malheureux, Monsieur.”

Sa beauté de poudreuse
splendeur doit s’écarter.
Un souvenir, odeur de cire ancienne,
à travers le verre, sur palissandre,
ainsi la reflète le temps.

Paris est vieille et jeune à la fois.
Illusion parfaite comme une bulle de savon,
même si elle éclate, son vide survit
dans les fous rires
des enfants enchantés …

Elle est une amoureuse enivrée
qui s’abandonne
à toutes les caresses,
celles de l’amour, celles du réconfort.
Le soir, elle chante la mélancolie en trémolos.
Son éternité cristallisée se reflète
avec retenue dans les yeux de ses amants.

Ici, la grandeur des arbres est
différente qu’ailleurs.